vendredi 18 janvier 2013
"Le méchant japonais": stéréotypes d'avant Hiroshima.Troisième partie.
jeudi 17 janvier 2013
"Le méchant japonais": stéréotypes d'avant Hiroshima. Deuxième partie.
(voir notre article du 15 janvier)
Achever les blessés,
torturer les prisonniers, lever les mains en signe de reddition pour ensuite
dégoupiller une grenade et tuer les soldats américains naïfs et crédules...La
traîtrise et la cruauté semblent tout à fait caractéristiques des fils d’un
pays dont les diplomates souriants négociaient encore à Washington alors que
leur bombardiers incendiaient déjà la base de Pearl Harbor…Un peuple qui a poignardé
ainsi dans le dos notre chère Amérique sera toujours capable de TOUS LES
CRIMES…Et, par conséquent, méritera TOUS LES CHATIMENTS!.Tel est le message des films de guerre américains entre
Pearl Harbor et Hiroshima.
D’une part un monument de haine et de colère, d’autre part certainement un des films de guerre les plus parfaits (et ceci de l’avis de tous les experts) avec Full Metal Jacket. Ecoutez bien la musique originale du film, composée par Franz Waxman : elle est remarquable.
mercredi 16 janvier 2013
"Le méchant japonais": stéréotypes d'avant Hiroshima. Première partie.
Singes aux yeux d’insectes… Rats bridés… Macaques…
Comment l’industrie cinématographique
américaine s’est-elle permise de traiter ainsi l’ennemi japonais dans les
quatre années de la guerre du Pacifique ? Comment les scénaristes et les
réalisateurs sont-ils arrivés à de tels excès ?
vendredi 4 janvier 2013
La bataille des Ardennes: scènes mythiques, erreurs et malentendus...
J’ai revu récemment deux films, deux grand classiques du cinéma de guerre :« Battleground » (« Bastogne ») de William Wellman, datant de 1949, et « The Battle of the Bulge » (« La bataille des Ardennes ») de Ken Annakin, datant de 1965. Les deux films relatent le même épisode de la Deuxième Guerre mondiale : l’immense offensive des blindés et de l’infanterie allemande contre les forces américaines en Belgique en décembre 1944, dernière tentative de Hitler de renverser le cours de l’Histoire et repousser les forces américaines qui avançaient inexorablement vers le territoire allemand.
chaque pas, le
« Sound-off » résonne plus fort. Encouragés par leur sergent, les
survivants de la bataille des Ardennes lèvent la tête, se redressent et répètent les paroles avec plus en plus de
courage et de fierté, de plus en plus de
conviction et de certitude : ils
vont gagner la guerre.
Autre exemple:dans le film « Go Tell the Spartants » de Ted Post, datant également de l’époque de la grande désillusion post-vietnamienne (en français « Le Merdier », 1978), le comédien Burt Lancaster s’écrie « Ah !!! Bastogne !!! »( Bastogne, les Ardennes, Noël 1944 : quelle différence par rapport à notre présent honteux…)
vendredi 28 décembre 2012
Guerre du Vietnam: l'Offensive du Têt, prélude à un gâchis. (V). Florilège de musiques, livres, films, montages sur You Tube...
« We
don’t smoke marijuana in Muskogee , we don’t take no trips on LSD"…"We don't burn no draft-cards down on main-street"...Et encore:..".We
don’t let our hair grow long and shabby, like the hippies out in San Francisco do"... Enumération très
ironique de tout ce que les gens ne font pas à Muskogee, Oklahoma, U.S.A !!! "
Okie from Muskogee",chantée par Merle Haggard sur You Tube, sur la bande originale 33 tours et le CD
de « Platoon » d’Oliver Stone et par une bande de copains
complètement défoncés dans une scène du
film…
A écouter aussi le merveilleux Adagio for Strings de Samuel
Barber, thème principal de « Platoon » (1986).
Egalement pour la
musique classique : « La chevauchée des Walkyries » de
Richard Wagner, avec ou sans le bruit des hélicoptères mixé dans
la musique. (Non sur le CD, oui sur 33 tours, bande originale du film
« Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola, et, bien sûr, oui sur les
videos du film et sur les scènes visibles sur You Tube).
« The End » par les Doors:" This is the end, my only friend, the end..". Sur 33 tours, sur DVD
et sur et la scène visible sur You Tube , vous trouverez un mixage magnifique de
la voix de Jim Morrison avec le bruit
des hélicoptères, et ensuite avec le son des ventilateurs dans une chambre,( sur fond d’images
de jungles et de napalm) et la voix de Martin Sheen qui dit :
« Saigon… Shit. I’m still in Saigon… » A revoir absolument la scène
et re-entendre la chanson. « Apocalypse Now », 1979.
« Good
-bye my sweetheart, hello Vietnam ” chanté par Johnny Wright sur la
bande originale de
“Full Metal Jacket” de Stanley Kubrick. Egalement sur ce CD, la musique originale composée par la fille de Stanley Kubrick, Abigail Mead, (Vivian Kubrick) “Sniper”, illustrant les sons du siège de la ville de Hué durant l’Offensive du Têt. Absolument superbe. Mais l’illustration musicale des
films de Kubrick est toujours très bonne !
Pour la « Guerre des Deux Barry » qui
a fait rage sur les ondes des stations de radio en Amérique, au début de la
guerre du Vietnam, en 1965, il faut absolument écouter (ou re-écouter) Barry
MCGuire chantant « Eve of
Destruction » (mais il faut vraiment écouter la version originale de
1965 !!). Chanson
anti-guerre : « You’re old enough to kill but not for voting… ».
Il faut aussi écouter l’autre Barry, le
Staff Sergeant Barry Sadler
chantant la très patriotique « Ballad
of the Green Beret ». Chanson que le compositeur Miklòs Ròzsa a
transformé en Hymne pour la musique originale du risible « Green
Berets » de John Wayne, qu’il faut voir, ne serait-ce que pour la scène
finale, où le soleil se couche… à l’Est. ( Ne le prenez pas mal. J’adore John
Wayne.)
Pour les livres : bien sûr, le meilleur est
« Vietnam, a History » de Stanley Karnow. «Dispatches » (en
français « Putain de Mort ») de Michael Herr est un chef- d’oeuvre.
« The Short Timers » (en français « Le merdier » ou Full
Metal Jacket) de Gustav Hasford est à lire absolument. Les très intéressants
« Dear America, Letters Home from Vietnam » recueil de lettres de
soldats américains au front, et «Long Time Passing, Vietnam and the Haunted
Generation » de Myra McPherson sont mes préférés. Pour connaître les
origines de la guerre lire « Planning a Tragedy » de Larry Berman.
Deux bons montages sur Yout Tube:" The Vietnam War" sur la musique de "The House of the Rising Sun" (The Animals) posté par Toby009, vu par presque 3 millions de personnes et "The Vietnam War" sur la musique de "Paint it Black" (The Rolling Stones) posté par THEFUZZ5445, vu par plus de 8 millions de personnes. (Ma préférence personnelle: The Animals, montage plus rythmé.)
“Full Metal Jacket” de Stanley Kubrick. Egalement sur ce CD, la musique originale composée par la fille de Stanley Kubrick, Abigail Mead, (Vivian Kubrick) “Sniper”, illustrant les sons du siège de la ville de Hué durant l’Offensive du Têt. Absolument superbe. Mais l’illustration musicale des
films de Kubrick est toujours très bonne !
Deux bons montages sur Yout Tube:" The Vietnam War" sur la musique de "The House of the Rising Sun" (The Animals) posté par Toby009, vu par presque 3 millions de personnes et "The Vietnam War" sur la musique de "Paint it Black" (The Rolling Stones) posté par THEFUZZ5445, vu par plus de 8 millions de personnes. (Ma préférence personnelle: The Animals, montage plus rythmé.)
Finalement, un magnifique film très sous-estimé, un film de
deuil d’un réalisateur en deuil,
« Gardens of Stone », (Jardins de Pierre) de Francis Ford Coppola,
1987. Très loin des bruits et des fureurs d’Apocalypse Now et toujours autant
de talent.
Fin de la série de cinq articles.
Elisheva Guggenheim-Mohosh
mercredi 26 décembre 2012
Guerre du Vietnam:l'Offensive du Têt, prélude à un gâchis. Quatrième partie: My Lai, "stoned murder"!
(voir nos articles du 24, 25 et 26 décembre 2012)
Le matin du 16 mars 1968 une unité appartenant à la Division
Americal assassine brutalement 347 civils, hommes, femmes et enfants, dans un
hameau vietnamien nommé My Lai. Pendant que les soldats américains commandés
par le lieutenant William « Rusty » Calley violent, mitraillent et
brûlent leurs victimes des dizaines de hélicoptères et d’avions survolent la
région à basse altitude. Leurs pilotes prétendront de n’avoir rien vu, rien
entendu .Ils ont tous été frappés de cécité et de surdité ce jour-là. Sauf
un : Hugh C. Thompson, qui atterrit, pointe sa mitraillette sur le
lieutenant Calley et lui arrache
quelques survivants du massacre, qu’il évacue dans son hélicoptère.
Hugh Thompson essaie d’alerter ses camarades, ses
supérieurs, l’aumônier militaire .En vain. On lui fait entendre raison :
il faut qu’il arrête de bavarder…Et Thompson finit de rentrer dans le rang. Il
se tait.
Il se produit alors un miracle. Le soldat Ron Ridenhour n’était
pas présent à My Lai. Mais certains de ses camarades lui racontent des
histoires horribles. Ce sont de bons garçons américains, des types tout à fait
normaux .Et c’est ce qui fait peur à Ron Ridenhour. Certains de ces garçons
qui, chez eux, en Amérique, n’auraient pas levé la main sur un gosse, lui
avouent d’avoir tué, violé, brûlé, massacré des dizaines de civils vietnamiens.
Pendant des mois Ridenhour fait l’enquête en silence. Il réunit des noms, des
faits, des preuves. De retour aux Etats –Unis il adresse une lettre
dactylographiée à trente membres du Congrès américain. L’affaire éclate en
public en novembre 1969. Le lieutenant Calley est arrêté, inculpé de meurtre,
jugé et condamné à la détention à vie en mars 1971.
L’affaire déchaîne les passions en Amérique. Une grande
partie de l’opinion publique est sincèrement choquée de ce qu’on a appelé
« stoned murder » (du meurtre commis par des soldats complètement
« défoncés » par la drogue). Elle ne reconnaît plus les
« boys », ces garçons que la nation a envoyés outre-mer pour défendre
la liberté. « C’est donc cela, une guerre menée par une
démocratie ? » se demandent-elle, effarée...
Mais beaucoup d’américains sont choqués, au contraire, du
bruit fait autour de l’affaire. La « Ballade de Rusty Calley »,
« brave gars de chez nous », qu’on « embête »pour avoir
éliminé quelques communistes, se joue dans tous les juke-box du pays. Des
milliers de lettres et de télégrammes sont envoyés à la Maison Blanche, exigeant la révision du
procès. Pour ces milliers d’américains Calley n’est qu’un bouc- émissaire. Il
faut le libérer. Le président Nixon
finit par entendre ces voix : la sentence est réduite à dix ans
d’emprisonnement. En 1974, au bout de cinq ans en prison, Calley libéré rentre
chez lui.
Mais pour des millions d’américains l’affaire ne s’arrête
pas là .Pour eux aussi Calley n’est qu’un misérable bouc-émissaire. Un
bouc-émissaire qui s’est fait condamner pour les crimes de ses soldats, de ses
supérieurs hiérarchiques, pour les crimes de l’armée américaine toute entière,
pour le « système » tout entier…Ce n’est donc pas le lieutenant
Calley seul qui aurait dû se trouver dans le box des accusés. Des dizaines, des
centaines, des milliers d’accusés auraient dû le partager avec lui. Tous ceux
qui ont commis le massacre. Ceux qui, comme le commandant de la Division
Americal, ont tout vu et su et n’ont rien dit. Et surtout ceux qui ont rendu
une telle chose possible : ceux qui ont inventé la notion infâme de Free
Fire Zone – Zone de Tir à Volonté !
Dans ces Zones, réputées « infestées » par le
Vietcong on questionnait souvent les paysans dans les champs. La conversation
se déroulait difficilement : la barrière de la langue sans doute…A la fin
de la conversation le paysan vietnamien se retrouvait parfois mort. Le soldat
teenager ne s’embarrassait pas d’explications. On lui a mille fois
répété : « Shoot first, talk later » (Tire d’abord, cause
ensuite). « If it’s dead, it’s VC » (si c’est crevé, c’est que
c’était du Vietcong…). Fallait-il s’étonner, que dans ces conditions ces teenagers (âge moyen : 19 ans) ne
sachent pas distinguer entre meurtre permis et meurtre punissable ?
Après le procès Calley, pour l’Amérique et pour le monde, My
Lai devient synonyme de Vietnam. Des centaines de milliers de soldats qui n’ont
jamais touché un cheveu d’un civil innocent, s’entendront appeler « Baby
Killer » (tueur de gosses) à leur retour de la guerre .Des milliers de
garçons américains qui ont risqué leur vie en portant secours à des villageois
vietnamiens terrorisés par le Vietcong se feront traiter de Baby-Killer au même
titre que les massacreurs de My Lai. Leur réinsertion dans la société
américaine n’en sera que plus difficile.
Demain, en cadeau, un florilège de livres, films, musiques,
montages sur You Tube en rapport avec la Guerre du Vietnam.
Elisheva Guggenheim-Mohosh
Ces quatre récits
sont tirés de mes articles au Journal de Genève et de mes émissions à la
Radio Suisse Romande, Espace2. Pour actualiser cet article deux remarques: Ron Ridenhour est décédé
en 1998, à l'âge de 52 ans. William Calley a demandé pardon, très tardivement, en août 2009, pour le massacre de My Lai.
en 1998, à l'âge de 52 ans. William Calley a demandé pardon, très tardivement, en août 2009, pour le massacre de My Lai.
Guerre du Vietnam:l'Offensive du Têt, prélude à un gâchis. Troisième partie:la génération hantée...
(voir nos articles du 24 et du 25 décembre 2012)
Rapatrié sans transition des riziers vietnamiens vers les
gratte-ciel américains, réimplanté dans une société au mieux indifférente, au
pire hostile, il devra y faire face à des préjugés, des injures, se faire
appeler « baby –killer » (tueur de gosses), il sombrera très souvent
dans ce qu’on a commencé, très vite, appeler « le syndrome du vétéran du
Vietnam » : le fameux D-PTSD (Delayed Post Traumatic Disorder) :
choc post- traumatique , accompagné d’une totale perte de repères et, surtout,
de « perte de signification » (« loss of meaning »)…
D’où le taux très élevé de divorces et de suicides parmi les vétérans de cette
guerre que l’Amérique finira par perdre.
Fin de la troisième partie. Suite demain : My Lai et
après, "stoned murder"...
Je vous recommande de revoir deux films de Francis Ford
Coppola : le très-très fameux « Apocalypse Now » ,1979 et surtout le
très sous-estimé et néanmoins magnifique « Gardens of Stone »
(Jardins de pierre, 1987). Deux films d’Oliver Stone : «
Platoon », 1986, et « Born On a Fourth of July”1989, (Né un quatre juillet, où,
pour une fois, Tom Cruise joue vraiment très bien!)
Elisheva Guggenheim-Mohosh
Inscription à :
Articles (Atom)